prometheus

En 2050

Anomyme (Première L)

J'ai fait un rêve cette nuit.

Je voyais le ciel, il était d'une couleur étrange, une teinte bleutée se cachait derrière les nuages et je jurerais même avoir aperçu un éclat de rose. C'était bel et bien un rêve, car ce matin au lever du jour, lorsque mon système s'est éveillé en même temps que le reste du monde et que j'ai regardé par la fenêtre, tout était noir. Cette vapeur épaisse et sombre recouvrait les nuages ainsi que la lumière du soleil. La ville était éclairée comme d'habitude par de puissantes lampes qui semblaient flotter dans les airs, comme par magie. Peut-être que ce rêve relevait d'un souvenir ? Je crois me souvenir, un jour, lorsque j'étais enfant, avoir admiré le ciel à tes côtés. Il était grand, de cette même couleur étrange que dans mon rêve. On était allongées dans cette matière verte, autrefois appelée herbe mais qui n’existe plus de nos jours. Te souviens-tu ? Saurais-tu me dire les couleurs qui nous entouraient ? Moi, je ne le peux. Mes souvenirs comme mes rêves sont parsemés de ces couleurs vives, que je ne saurais nommer aujourd'hui. Elles ont disparu, en même temps que toi. Je crois que quand tu es partie, elles se sont envolées avec toi. Tu n'as pas connu la révolution numérique, mais je te le dis, elle a tout emporté avec elle. Le plus ironique je crois, c'est que cette avalanche a déferlé le lendemain de ta mort. Je me souviens de ces grands hommes en noir qui sont venus nous chercher, Ariel et moi, ainsi que le peu de personnes ayant survécu à ce semblant de rébellion. Depuis ce jour, le monde n'est rempli que de noir et gris, et le bonheur a laissé place à la domination des ordinateurs.

Ils se sont vu implanter partout, et personne ne peut protester. Dans ma tasse de café, à ma porte d'entrée, jusque dans mon corps. Nous nous sommes tous vus implantés une puce dans la nuque visant à contrôler chacun de nos mouvements, chacune de nos pensées. Si nous dévions, ne serait-ce qu'un peu, du parcours qui nous est destiné, un courant nous prend de la tête aux pieds pour nous remettre dans la voie.

C'est la première fois que je t'écris depuis que tu n'es plus là, et je m’efforce de le faire sans trop penser, au risque de me prendre une décharge bien trop grande. Déjà, de violents courants électriques me font trembler. Ai-je seulement le droit de t'aimer une dernière fois ?

Adieu, maman.